Mercredi 05 Décembre 2007
Jeudi 04 janvier 2007
( Entretien avec Paul Balta , mené par Mohamed Chafik MESBAH )
« Un homme sobre, attachant et profondément imprégné d’amour pour sa patrie… »
BIO EXPRESS DE PAUL BALTA
Paul BALTA est né en 1929, à Alexandrie, en Égypte où il a vécu près de vingt ans. Il est, totalement, Méditerranéen par ses racines. Son arrière grand-père maternel, un Libanais, a émigré en Égypte où il a épousé une égyptienne copte. Par sa mère, Paul Balta est, d’ailleurs, le cousin du célèbre sociologue égyptien Anouar ABDELMALEK. Son grand-père paternel un chypriote grec s’est installé lui aussi en Égypte. Au court de son premier entretien, en 1958, avec le Président Gamal Abdel Nasser, celui-ci l’interpelle en ces termes : “Tu es donc moitié français par ton père et moitié arabe par ta mère, mais en réalité tu es un peu plus arabe que français parce que chez nous la mère compte plus”. Le président Boumediène lui fera une remarque analogue, en 1973. C’est à Paris, au lycée Louis le Grand que Paul BALTA prépare de 1947 à 1949 le concours d’entrée à l’École normale supérieure. Constatant, cependant, que ses camarades, imbattables sur
la Grèce
et
la Rome
antiques, ignorent tout du monde arabe et de l’islam, il décide, après une Licence d’histoire de l’art et un Diplôme d’études supérieures de philosophie de devenir un passeur entre les rives de
la Méditerranée. Directeur
du service microfilm au Centre de documentation du CNRS en 1955, il s’oriente vers le journalisme, finalement. À l’agence Associated Press en 1960, à Paris-Presse l’Intransigeant en 1965, puis au quotidien Le Monde à partir de 1970. Il y devient le spécialiste des mondes arabe et musulman. C’est ainsi qu’il est choisi pour être le correspondant du journal au Maghreb avec résidence à Alger de 1973 à 1978. C’est à cette occasion qu’il inscrit à son palmarès 50 heures environ d’entretiens en têteà- tête avec Houari Boumediène. Le Président algérien connaissait, en fait, ses écrits. Il lui avait dit d’emblée: “vous expliquez le monde arabe de l’intérieur”. Houari Boumediène avait apprécié la nomination de Paul Balta à Alger et pensait qu’en s’entretenant avec lui avec franchise, il lui permettrait de mieux comprendre et de mieux expliquer l’évolution de l’Algérie. D’Alger, Paul Balta rejoint Téhéran pour couvrir
la Révolution
islamique de 1978 à 1979. Il regagne, enfin, Paris, pour diriger la rubrique Maghreb tout en s’occupant du Proche-Orient. Paul Balta a couvert, par ailleurs, les conflits israëloarabes (1967-1973) ceux du Kurdistan et du Sahara occidental et la guerre Irak-Iran (1980-1988). Il quitte Le Monde pour devenir Directeur du Centre d’Etudes de l’Orient Contemporain de 1988 à 1994 avant d’animer de 1995 à 1998 le Séminaire de politique étrangère consacré au monde arabe et à l’islam au Centre de formation des Journalistes de Paris. Paul BALTA est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages, dont plusieurs avec son épouse Claudine Rulleau. Citons, notamment, La politique arabe de
la France
(Sindbad, 1973), et La stratégie de Boumediène (Sindbad, 1978). Il a collaboré à de grandes revues internationales, en particulier le Middle East Journal de Washington et a assuré, également, une chronique mensuelle dans El Pais (Madrid) et Le Libéral (Casablanca) de 1990 à 1995. Il a participé, enfin, à la création du trimestriel Confluences/Méditerranée et fait partie de son comité de rédaction. Membre du Conseil d’administration de
la Fondation René
Seydoux pour le monde méditerranéen depuis 1987, Paul BALTA est Chevalier de
la Légion
d’honneur et de l’Ordre du Mérite, Officier des Arts et Lettres.